Je suis issu de cette génération d’informaticiens qui est arrivée sur le marché du travail peu de temps après la reprise du marché de l’emploi informatique. Avant même la fin de ma formation j’étais déjà contacté par des SSII voulant m’embaucher me laissant ainsi l’embarras du choix pour mon premier emploi.

Ces derniers jours j’ai eu l’occasion de discuter plusieurs fois avec des collègues informaticiens à propos de l’intérêt de devenir freelance, j’ai remarqué les tendances suivantes :

  • ceux qui se mettent au chaud tant qu’il en est encore temps : ils ont connu le boom de la fin des années 90 (et ce sentiment d’être la perle rare) et ensuite ils se sont pris la crise de 2001 de plein fouet (et ce sentiment d’être sur un siège éjectable). A en croire leurs témoignages, les pratiques plus que douteuses de leurs SSII lors de cette période difficile auraient contribuées à intensifier chez eux le mythe du client final synonyme de sécurité de l’emploi. Quand je vois le dynamise actuel du marché, j’ai vraiment du mal à croire que les temps furent si durs! Pour eux, cette bonne période actuelle est faite pour se mettre au chaud chez un client final pour ne pas revivre l’histoire, car l’histoire va se répéter!
  • ceux qui ont connu la crise et qui veulent profiter maintenant d’un espace de liberté en freelance : comme précédemment la crise liée à l’éclatement de la bulle internet les a marqués : les employeurs qui poussent vers la sortie, les salariés qui étaient dépendants de leur SSII … Si aujourd’hui si les choses vont mieux ce n’est plus pour être dépendant d’un employeur qui n’hésitera pas à vous sortir la première crise venue, c’est au contraire pour devenir indépendant et que leurs efforts soient payés au juste prix.
  • ceux qui n’ont jamais connu la crise (comme moi) : la période de recherche d’emploi est généralement très courte, une fois le CV mis en ligne le téléphone n’arrête pas de sonner … bref tout pour faire croire que tout va bien ! Parmi les gens de cette catégorie, il y a ceux qui pensent qu’il vont encore être convoités pendant un long moment, et d’autres (comme moi) qui pensent que ça ne va pas durer.

Car si après la pluie vient le beau temps je pense que l’inverse est vrai aussi, et si aujourd’hui le ciel est dégagé sur l’embauche des informaticiens je pense qu’il risque d’arriver un moment où ma génération d’ingénieurs verra le ciel s’assombrir. Alors pourquoi passer indépendant alors que c’est le moment rêvé pour se mettre à l’abri chez un client final ? Parce qu’au contraire je pense que c’est le moment de mettre à son compte tant que le marché l’accepte, et vouloir monter sa propre entreprise dans un contexte favorable c’est aussi une façon de se mettre à l’abri. Reste à savoir quand est-ce que la crise va arriver …

Les ingénieurs informaticiens sont-ils donc les rois du monde ? L’avenir nous le dira, en attendant … enjoy !

Je suis le roi du monde - Titanic