FreelanceInformatique.com

Le blog d’un ingénieur freelance JAVA-JEE

Si vous faites de la prestation en régie en passant par un intermédiaire on vous proposera surement une répartition 80/20. Lors de l’entretien chez la SSII, le chargé d’affaire (sic) vous tiendra à peu près ce langage :

Que vous me semblez beau ! Chez nous on applique la règle du 80/20 avec les freelances, c’est à dire que nous allons vous payer 80% de la facturation finale etc …

Votre intermédiaire va vous payer 80% de la facturation finale ? Hmmm … non, remettons les choses dans l’ordre.

Sachant que c’est vous qui allez travailler la semaine chez le client afin d’assurer le meilleur service possible, le meilleur raisonnement serait peut-être :

En tant que freelance j’applique la règle du 80/20 avec les SSII, c’est à dire que je vous charge de me trouver une mission et en échange je vous paye 20% de ma facturation finale.

Et si un jour la crise arrive et que votre intermédiaire vous demande de baisser votre tarif parce que “tu comprends en ce moment c’est pas facile” sachez qu’en fait il vous demande une augmentation, libre à vous alors d’accepter ou de refuser. ;-)

La vie est une question de point de vue, quel est le votre ?

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Bien qu’en augmentation constante, le nombre de freelances en régie chez les clients est encore minoritaires par rapport aux prestataires salariés. Forcement un indépendant au milieu de l’open space c’est l’occasion de poser toutes les questions concernant ce choix de carrière dont on entend de plus en plus parler : quels sont les avantages, combien ca rapporte, quelles démarches, …

Il peut donc arriver qu’à partir de ce premier témoignage concret certains décident de franchir le cap et de se mettre à leur propre compte également.

Mais pousser (volontairement ou non) un prestataire à devenir indépendant c’est également faire perdre un prestataire à un client, votre client ! A l’heure ou il est difficile de trouver des ressources qualifiées il est délicat pour un client de perdre une bonne partie des compétences parce qu’un prestataire sur lequel il avait l’habitude de s’appuyer décide de quitter le navire après avoir discuté avec le petit nouveau qui se trouve être freelance.

Faut-il pour autant ne jamais parler de son statut d’indépendant pour éviter de faire mauvaise impression auprès de son client ? Y a t-il un risque d’être considéré comme la mauvaise herbe si vous exposez votre expérience ?

Pour ma part, sans pour autant la crier sur tous les toits je ne cache pas ma situation. Lorsque j’étais en période de réflexion j’étais bien heureux de trouver réponses à mes questions auprès d’autres indépendants et il parait normal aujourd’hui de partager mon expérience (via ce blog notamment).

Cela dit j’essaye de nuancer mes propos et ne pas tomber dans le prosélytisme car devenir indépendant c’est d’abord un choix personnel et il ne faudrait pas rentrer dans un discours simpliste du style “ce que je fais est juste, vous avez tort de ne pas le faire”. J’apporte mon témoignage mais je n’essaye pas de convaincre, après tout on est censés être assez grands pour prendre des décisions.

J’évite également de ne pas transformer mon témoignage en conférence en open space sur ma vie de freelance. Les discussions se font plutot autour d’un café, plus discret et convivial. Et si quelqu’un démissionne suite aux informations que j’ai données ? Rien de dramatique, cela fait parti de la vie d’une entreprise et je pense qu’avec ou sans mon témoignage cette personne aurait finit par partir, je vois mal un client venir vous reprocher qu’il y ait trop de turn over dans le marché de l’informatique !

Rien de bien secret dans le status de freelance, c’est quelque chose de nouveau sur le marché de la prestation et c’est normal que cela attise la curiosité. Répondre aux questions fait partie du jeu mais il convient de respecter les règles de bonnes conduites habituelles, l’objectif n’est pas de se faire remarquer absolument sinon le client risque effectivement de ne pas trop aimer !

Pour finir, les indépendants ne forment pas un club secret qui se donne rendez-vous dans des parkings désaffectés et dont le règlement serait : “la 1ère règle de l’indépendance : il est interdit de parler de l’indépendance” ;-)

Fight Club

 PS : certaines SSII ou cabinets de placements peuvent vous placer chez le client en vous présentant en tant que salarié et en vous demandant de ne pas dévoiler votre status. Personnellement je refuse, si un jour on me demande je préfère jouer la transparence plutôt que de cacher les difficultés de recrutement d’une SSII. Heureusement je n’en suis pas là.

L’avantage avec l’informatique est qu’il s’agit d’une activité transverse c’est à dire qu’elle peut s’appliquer à différents métiers. Que ce soit la finance, le tourisme, la communication, le commerce, le marketing, bref … quasiment tous les métiers utilisent l’outil informatique.

L’avantage quand on est prestataire informatique est de pouvoir découvrir différents secteurs d’activités et la façon dont l’informatique peut leur rendre service.

Bien que synonyme de progrès, l’informatique n’est pas à l’abris des abus de notre société et on peut se retrouver face à des logiciels ou des demandes de développements qui vont à l’encontre de nos convictions personnelles.

On peut citer par exemple l’utilisation grandissante des systèmes informatisés par les fabricants d’armes pour leurs armes, radars etc … La défense d’un pays se trouve ainsi renforcée, mais comme la meilleure défense c’est l’attaque il ne faut pas oublier que ces armes peuvent servir à tuer.

Plus proche de l’actualité, le système EDVIGE est une base de données permettant de collecter des données personnelles et qui provoque la colère des associations qui dénoncent un outil de fichage de la population.

Que ce soit pour EDVIGE ou pour l’informatisation des armes (qui fait le bonheur de leurs fabriquants et utilisateurs), il y a bien eu des personnes qui ont développé ces systèmes. Il est vrai que le défi technique de ce genre de projet mérite le détour : de grandes quantités de données, un projet complexe à mettre en place, différents acteurs, des problématiques de sécurités importantes, toutes les conditions réunies pour en faire des projets très valorisants sur un CV.

Si vous êtes contre les armes et qu’on vous proposait de participer à la création du nouveau système de tir de missile à la mode  le tout agrémenté d’une facturation journalière plus qu’intéressante, seriez-vous prêt à mettre vos convitions personnelles de côté ?

De la même manière, si vous êtes attachés à la liberté et donc contre un fichage des gens pouvant  aboutir à des abus, le défi technique et le gros chèque qui va avec pourront-ils vous faire revoir vos positions ?

Dans une autre mesure, on avait parlé il y a quelques années  du fichage raciale (et raciste) par certaines agences d’intérim. Supposons que vous soyez chef de projet et qu’au cours du projet votre client vous demande une nouvelle fonctionnalité permettant ce genre de fichage, quelle serait votre réaction ? La réponse ne semble pas si triviale que cela car ce fichage a bel et bien existé, donc quelqu’un a bien accepté de répondre à ce genre de demande.

La question est donc la suivante : à partie de quel moment les convictions personnelles d’un consultant peuvent-elles rentrer en jeu pour le choix d’une mission ?

Mythe de Faust

Histoire de ne pas rester sur une mauvaise nouvelle, voici une nouvelle un peu plus réjouissante pour les développeurs freelance JAVA.

Lu sur Le Monde Informatique, la demande pour des missions JAVA/J2EE est toujours aussi importante. Cela est plutôt bon signe pour les personnes actuellement en freelance dans ce domaine et même rassurer celles qui envisagent de se lancer prochainement.

Je ne sais pas quel crédit on peut donner à ce genre de classement, mais tant que ça nous dit ce qu’on veut entendre on va pas s’en plaindre ! ;-)

freelance java

Lorsque j’ai commencé à rechercher ma première mission de développeur JAVA/J2EE freelance je faisais particulièrement attention aux points suivants :

  • le contexte : je privilégie les missions qui me permettront de valoriser mes compétences pour mes futures missions. Pour cela je prends en compte aussi bien l’environnement technique que fonctionnel.
  • la durée : j’ai décidé de privilégier les missions longues durées que j’estime être les plus intéressantes parce qu’elles représentent une forme de sécurité mais aussi parce que c’est ce genre de missions qui peut offrir la possibilité de voir plusieurs aspects d’un projet (étude, conception, développement, etc)
  • le lieu : pas de mission à plus d’une heure de chez moi. Je ne fais pas de caprice, mais ça demande déjà beaucoup d’efforts pour s’investir dans un projet et je ne me voyais pas perdre du temps dans les transports.
  • la facturation : je ne voulais pas être embauché en dessous des prix appliqués sur le marché. Le fait d’avoir passé pas mal d’entretiens et discuté avec d’autres collègues indépendants m’a permis de me fixer des objectifs de facturation afin de connaître la valeur d’un profil comme le mien.

Evidemment il faut s’accorder une certaine souplesse par rapport à ces critères. Par exemple dans le cas d’une mission très riche techniquement et fonctionnellement mais une facturation en dessous de vos espérances je pense que cela vaut le coup de faire un effort pour mieux rebondir par la suite.

Autre exemple, je connais des freelances qui préfèrent enchainer les missions de courte durée (qui ont aussi leurs avantages). Moi même je n’exclus pas le fait de travailler de cette façon à l’avenir.

Et vous quels sont vos critères pour le choix de votre mission ?

Je l’ai enfin dans les mains ! Ce fameux contrat qui annonce mon entrée dans le monde de la prestation informatique en tant qu’indépendant ! Le contenu est bien sur différent d’un contrat de salarié vu qu’il s’agit ici d’un accord d’entreprise à entreprise, je vais donc éplucher attentivement la quinzaine de pages que je viens de recevoir, on n’est jamais trop prudent !

L’aventure continue !

contrat de mission pour un indépendant