On m’en avait parlé comme étant un des plus anciens livres de management qui ait été écrit. Le hasard a fait que ce livre s’est retrouvé entre mes mains et vu l’épaisseur de l’objet je me suis laissé tenté à la lecture de ces quelques pages.

Pour ceux qui ne connaissent pas, voici une bràve présentation wikipédiesque  :

Le Prince est l’œuvre de  Nicolas Machiavel, homme politique et écrivain florentin. Ce traité politique a probablement été écrit en 1513, mais il n’a été publié qu’à partir de 1532, cinq ans après la mort de son auteur. L’objet de ce traité, écrit alors que l’Italie est divisée en multiples principautés, est d’exposer l’art et la manière de gouverner en jouant habilement des humeurs antagonistes du peuple et des grands, au moyen d’une politique sachant faire usage aussi bien des lois que de la force et de la ruse. Le Prince a souvent été accusé d’immoralisme, donnant lieu à l’épithète machiavélique, bien qu’il ait été aussi loué comme traité politique, par exemple par Jean-Jacques Rousseau, qui en faisait le « livre des républicains ».

Pour commencer légèrement, l’introduction est un modèle de léchage de bottes. Machiavel s’adresse à Laurent de Medicis et lui explique, en prenant les précautions nécessaires lorsqu’on s’adresse à un Prince, que ce recueil ne doit pas offenser la grandeur de sa majesté. Un modèle de lettre qui mérite à lui seul d’être lu si vous êtes du genre à passer de la pommade à votre supérieur hiérarchique !

Ce livre se lit parfaitement en le transposant au monde de l’entreprise et le Prince peut être vu comme un manager qui reçoit des conseils pour (sur)vivre dans ces mini-états que sont les entreprises. Divers cas de figure sont évoqués : Etat qui n’a jamais connu de Prince, prise de pouvoir à un autre Prince, de l’importance de se protéger, … L’accent est également mis sur les qualités personnelles du Prince : se montrer juste envers les siens pour ne pas faire naître de sentiment de vengeance, savoir bien s’entourer, se méfier des compliments, …

Est-il préférable d’être aimé ou détesté ?

L’on répond qu’il serait à souhaiter que l’on fût l’un et l’autre; mais comme il est difficile de réunir les deux, s’il est question de se déterminer à l’un des deux partis, il est plus sûr d’être craint que d’être aimé seulement.

Faut-il montrer de l’estime à ses équipes ?

Il faut proposer des récompenses à tous ceux qui entreprendront quelque chose qui tourne au bien de la cité et de l’Etat. De plus, à certains moments de l’année, il est bon de divertir les peuples par des fêtes et par des spectacles.

Comment constituer une bonne équipe ?

Il y a trois sortes d’esprits : les uns voient tout par eux-mêmes, les autres ne voient qu’à mesure qu’on leur montre; et les derniers, enfin, ne voient ni d’eux-mêmes, ni lorsqu’on leur montre. Les premiers sont excellents, les seconds un peu moins, et les troisièmes médiocres.

Le reproche souvent fait à ce livre est le manque de morale dans les conseils donnés par Machiavel donnant ainsi naissance au machiavélisme. Par exemple, Machiavel n’hésite pas à conseiller, lors de la prise d’un Etat, de tuer tous les successeurs du prince déchu car, selon lui, ils ne manqueront pas l’occasion de vous tuer le moment venu. Bien évidemment si vous transposez cela à votre entreprise, évitez de tuer qui que ce soit parce qu’outre le fait que ce soit pas sympa, c’est aussi interdit par la loi ! Par contre lu de façon imagée, tuer ses adversaires (les mettre à l’écart) est pratique courante dans le monde de l’entreprise,vous l’avez peut-être vu ou même vécu, soyez donc armés !

Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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